Après la jupe, le pagne.

Tout le monde n’a pas la chance, comme les catholiques du diocèse de Paris, d’avoir pour archevêque le cardinal Vingt-Trois. On sait qu’interrogé par Radio-Notre-Dame sur le rôle des femmes dans la célébration des offices, il s’était illustré, en novembre 2008, en répondant que « le plus difficile, c’est d’avoir des femmes formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. » Cette délicieuse boutade avait suscité la constitution d’un « Comité de la jupe » qui existe toujours aujourd’hui.

Poursuivant dans cette veine humoristique qui lui réussit si bien, notre cardinal, interrogé le 11 février sur l’éventuelle élection d’un pape africain, répondait : « Même si on avait un pape africain, je ne crois pas qu’il irait danser en pagne sur la place Navone », place la plus touristique de Rome.

Voilà qui va mettre une bonne ambiance quand, au conclave, notre cardinal va rencontrer ses onze collègues africains… A Rome, on avait longtemps résisté aux pressions du cardinal Lustiger qui, démissionnaire depuis l’automne 2001, voulait faire nommer son « poulain », André Vingt-Trois, à sa succession. Il n’obtint cette nomination de Jean-Paul II que le 11 février 2005, alors que le pape était hospitalisé depuis le 9 février et devait mourir deux mois plus tard. Du haut du ciel où il suit nos petites affaires humaines, Jean-Paul II doit se demander avec inquiétude jusqu’où ira sa dernière recrue.